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Véhicule de secours en intervention de nuit Sécurité · Reportage

S'équiper pour traverser un blackout électrique sans paniquer

Par Laetitia Boisrond · 4 avril 2026 · Lecture 11 min

En 2024 et 2025, les coupures électriques de longue durée sont redevenues un sujet sérieux en France. RTE, le gestionnaire du réseau de transport, a prévenu à plusieurs reprises qu'en cas d'hiver rigoureux combiné à une indisponibilité du parc nucléaire, des coupures programmées de deux heures pouvaient être nécessaires. Au-delà de ces scénarios exceptionnels, les pannes localisées — liées à des tempêtes, des incidents sur postes de transformation ou des travaux mal coordonnés — durent parfois un à trois jours.

Nous avons rencontré des pompiers, des urgentistes et des spécialistes de la sécurité civile à Tours pour comprendre ce qu'il faut vraiment avoir chez soi pour traverser ces situations sans les transformer en drames.

Le premier équipement : l'éclairage

« 80 % des appels que nous recevons pendant une panne concernent des accidents domestiques liés à la pénombre », explique le capitaine Marc Roussel, du SDIS 37. « Chutes dans les escaliers, brûlures avec des bougies, coupures en cherchant à tâtons dans un tiroir. »

La bougie est précisément l'équipement à éviter : sur dix pannes prolongées l'hiver dernier en France, quatre incendies domestiques sont survenus, tous liés à des bougies laissées sans surveillance.

L'alternative bon marché, efficace et sûre est la lampe torche portable rechargeable. Les modèles actuels tiennent 4 à 12 heures sur une charge, pèsent moins de 300 grammes et se rechargent sur USB. Comptez 15 à 40 euros pour un modèle fiable. Deux exemplaires au minimum par foyer : un dans la cuisine, un dans la chambre principale.

L'hiver, le vrai danger

Une coupure d'une nuit en plein mois de juin est un inconfort. La même coupure en janvier par moins cinq degrés est un risque sanitaire sérieux, surtout pour les personnes âgées, les bébés et les personnes malades. Les services d'urgence rapportent plusieurs cas d'hypothermie modérée chaque hiver lors de coupures prolongées.

Les bons gestes à connaître : se regrouper dans une seule pièce fermée (la chaleur corporelle suffit à maintenir une température tenable dans une pièce de 12 m²), multiplier les couches de vêtements, boire chaud si possible (une bouteille thermos préparée en prévention est un bon réflexe).

La liste minimale

Voici la liste de sécurité recommandée par nos interlocuteurs, pour un foyer courant :

  • Deux lampes torches rechargeables avec batterie intégrée
  • Une radio à piles ou à manivelle (pour recevoir les informations officielles sans dépendre du réseau mobile)
  • Une batterie externe chargée pour les téléphones (10 000 mAh minimum)
  • Des bouteilles d'eau (3 litres par personne minimum, pour 48h)
  • Une trousse de premiers soins accessible
  • Un duvet ou une couverture chaude par personne
  • Un réchaud à gaz portable pour les situations prolongées (en extérieur uniquement pour l'allumer)

Budget total pour s'équiper correctement : entre 80 et 200 euros, selon la qualité et le nombre d'exemplaires. Un investissement unique, valable plusieurs années, pour une tranquillité réelle en cas d'aléa.

Pour les personnes vulnérables

Les personnes dépendantes d'appareillages médicaux électriques (concentrateur d'oxygène, dialyse à domicile, pompe à insuline avec réservoir) doivent s'inscrire auprès d'Enedis sur le registre des personnes à haut risque vital (PHRV). En cas de coupure programmée, elles sont prévenues individuellement et peuvent bénéficier d'une alimentation d'urgence.

Pour aller plus loin, nos enquêtes couvrent également les questions d'infrastructure, et notre rubrique vie locale revient régulièrement sur la préparation des communes face aux aléas.